Participants : Jean-François, Martine, Christian, Nicolas, Patrick, Pascal, Sandrine.
Départ matinal d'Embrun 6h30 car nous devons passer avant la fermeture de la route peu avant Meyronnes et, de plus, c'est un avantage en raison de la forte chaleur annoncée.
Nous nous garons au parking de l'auberge. Sandrine et Patrick nous attendent car ils ont passé la nuit sur place dans leurs véhicules respectifs.
Le ciel est azur au départ à 8h15. Nous prenons la piste qui nous amène jusqu'à la rive droite du Riou du Pinet et nous nous engageons sur un sentier assez raide. Pascal, grand connaisseur du secteur, nous fait couper tous les virages. Heureusement, nous montons à l'ombre avec de belles vue sur la Tête des Bréquets. Un couple de jeunes nous double. Nous les reverrons plus tard dans la face. Nous n'avons pas encore quitté l'ombre bienfaitrice, mais les corps s'échauffent et il faut enlever toutes les couches superflues. Nous dépassons la belle falaise d'escalade du Rocher Piroulire pour atteindre un carrefour. Nous continuons sur la route militaire qui nous amène aux baraquements de Viraysse.
Pascal et Patrick prennent de l'avance et se jouent de nous à l'arrivée aux baraquements en nous interpellant par une meurtrière. Nous faisons une pause dans la cour centrale à l'ombre des ruines. Un groupe de jeunes finit le petit déjeuner. Ils ont bivouaqué sur place.
Nous voyons le couple qui nous précède sur le sentier qui monte à la Batterie de Viraysse. Nous ne tardons pas à les suivre. Au col de Mallemort, 2 558 m, nous découvrons le village de Larche en contrebas. Nous poursuivons en direction de la batterie jusqu'au point 2 646. De là, nous rejoignons directement le col de Viraysse (2 721 m).
Nous poursuivons sur la croupe étroite au nord pour atteindre un 1er ressaut rocheux. Nous nous équipons au départ du couloir que nous devons remonter, casque baudrier, un peu de matériel et encordement. Après une courte escalade de 20 m en corde tendue, nous poursuivons sur un terrain caillouteux et rocheux... Après une 1ère brèche, nous remontons une pente sur laquelle il faut viser les parties rocheuses pour bien assurer ses pieds. L'objectif est une brèche obstruée par un gros rocher coincé. C'est le crux de la voie car il faut s'élever à la force des bras. Il n'y a pas d'appui pour les pieds, surtout les petites tailles. Christian se lance en premier en faisant un jeté de jambe au-dessus du rocher. Du coup, c'est un bras précieux qui permet de vaincre l'obstacle sans perdre de temps.
Nous continuons en direction du sommet en visant les ressauts rocheux pour éviter le terrain instable. Nous voyons le couple redescendre. Il s'arrête pour éviter de nous envoyer des cailloux. Nous les rejoignons et poursuivons jusqu'au bastion sommital. Le couloir qui se présente ne nous inspire pas. Nous contournons par la gauche pour atteindre l'arête faitière. Le sommet est en vue et en quelques minutes atteint.
La vue est panoramique à 360°: le Brec de Chambeyron, le Monte Scaletta, la Foncte Sancte ...
Il est presque 12h30 et le picnic s'impose. Le petit déjeuner est bien loin.
Nous plions le matériel pour ne garder que casque et baudrier.
Après cette pause, nous descendons bien groupés pour éviter de s'envoyer des pierres et qu'elles prennent trop de vitesse. Nous atteignons rapidement le bloc coincé. Pascal descend en premier et propose l'appui de son genou pour ceux qui le sentent moins. Christian en dernier nous fait un joli saut de cabri.
Nous rejoignons le haut du premier ressaut. Une discussion s'engage pour savoir si nous descendons en rappel ou sur une main courante accrochée à un gros becquet rocheux qui sera retirée par le dernier. La dernière solution est adoptée pour gagner du temps de manipulation. Christian se propose de passer en dernier et Patrick avant dernier pour placer des coinceurs sur la corde afin de sécuriser la descente du dernier. Tout le groupe passe sans problème.
Le matériel replié, nous prenons les bâtons pour continuer sur le sentier de montée. Dès que nous dépassons le Rocher Piroulire, la chaleur suffocante nous cueille. Elle ne s'atténue guère à l'ombre des arbres qui nous permet de rejoindre la piste de départ. Nous ne pensons qu'à la boisson rafraîchissante que nous prendrons au village.
A la première fontaine, nous saisissons l'aubaine pour se mouiller la tête et les membres. Quel bonheur !
Dès les voitures atteintes, nous nous mettons à l'aise pour rejoindre rapidement l'auberge. Nous nous installons sous la partie ombragée de la terrasse. Une femme ne tarde pas à arriver pour prendre notre commande. Le patron vient nous servir. Martine et Jean-François discutent un petit moment avec lui car le drapeau sarde à l'entrée les a intrigués. Il est né en Sardaigne et ses parents ont fui Mussolini. Ils évoquent ensemble des mémoires de lieu. Ils ont séjourné à plusieurs reprises sur cette belle île. Les Sardes sont des gens très accueillants...
Cette sortie alpi ne présente pas de difficulté majeure et elles sont concentrées sur 2 passages mais il ne faut pas négliger le terrain instable. La bienveillance de chacun nous a permis de passer un agréable moment en montagne.
Jean-François