samedi 11 janvier 2020

Vendredi 10 janvier 2020 : Tour de la Tête du Pelvas. 1290m de dénivelé


Randonnée à ski au départ du Roux d’Abriès proposée par Michel R. (sur une idée de Patricia et Alain)
9 participants : Ève, Myriam, Patricia, Alain, Ange, Dieter, Michel H., Patrick, Michel R.
Encadrants : Patricia, Alain, Dieter, Michel R.


C’est bien du tour du Pelvas qu’il s’est agi, mais pas celui initialement prévu, lequel devait s’effectuer à partir de la Monta. Le manque d’enneigement en versant sud a été la cause de ce changement de programme.


Nous démarrons donc du Roux d’Abriès — la neige est encore abondante de ce côté-là — sous un ciel bien gris, confiants dans l’amélioration annoncée pour la mi-journée. 


À Valpréveyre, nous prenons la direction du col d’Urine par la rive gauche du vallon. Petite concession à l’éthique du skieur de randonnée, nous empruntons sur une centaine de mètres la piste de la station d’Abriès qui descend du col de Gilly. Nous la rendons en bon état à ses usagers payants et nous nous enfonçons bientôt dans la forêt profonde. En cette saison, ni coucou ni hibou, mais une multitude de traces de mammifères divers, surtout des « deux-pattes-sur-planches ». Point non plus de petits cailloux blancs laissés par nos prédécesseurs pour éclairer notre cheminement (sur fond de neige, je vous laisse imaginer le tableau...) : les GPS de nos téléphones sont donc mis à contribution.


Le col d’Urine (2525 m) est le point de passage d’un petit vent coulis peu sympathique. Nous dépeautons rapidement et dévalons le versant italien sur une centaines de mètres. 
Repeautage. Nous remontons en direction du deuxième col de la journée (il y en aura trois au total). Le vallon est jonché d’énormes rochers verts tombés du Pelvas. À l’abri d’un bloc de gabbro constellé, sous le soleil enfin revenu, d’inflorescences de lichen jaune, nous improvisons notre camp. Vin chaud, pain d’épices et brownies égayent les casse-croûte conventionnels. 


Dire que le Pelvas qui nous surplombe maintenant de son énorme masse est issu du fond de l’océan alpin ! Au loin, à travers une fine couche de « nebbia », se devine la plaine du Pô.


Il faut repartir au grand dam de certain(e)s qui auraient bien aimé prolonger la pause. La neige, tassée ou décapée par le vent, est à peine entamée par le tranchant de nos carres. Alors ? Couteaux ou pas couteaux pour franchir le raidillon du col ? — Ce sera comme chacun(e) le sent.


Nous voici au Collet du Pelvas (2596 m). Presque plus de vent et un soleil radieux : que désirer de mieux pour s’abandonner à la contemplation de la vallée du haut Guil, avec le Viso et la Taillante en points de mire ? Le vol lent d’un gypaète, indifférent à notre agitation à quelques mètres au-dessus de nos têtes, ajoute à notre extase.


Nouveau dépeautage. La face sud est large et « bien » pentue. Ah ! Ce plaisir de se lancer à la recherche de la neige idoine — pas trop dure et surtout pas croûtée ! — et, quand on l’a trouvée, d’en jouir intensément ! Quatre cents mètres de bonheur qu’il faut interrompre à regret au niveau de la bergerie du Pelvas. 


Repeautage : c’est le dernier. Et montée vers la Lauzière. 
Dès les premiers pas, la fatigue jusque-là tenue en bride se manifeste. La magnificence du panorama offert par notre parcours en balcon nous la ferait presque oublier. 


Peu de candidats pour l’ascension du sommet de la Lauzière (2576 m) proprement dit. On se regroupe en contrebas pour dépeauter. 


Et c’est parti, versant nord, pour la der des der. Très vite nous avons la réponse à la question du jour : en cette période de neige ancienne, vaut-il mieux aller skier en face nord ou en face sud ? — Les deux, mon randonneur. Mais... ça dépend de l’endroit : quand on trouve des pentes qui ont vécu une « belle histoire » (vent, ensoleillement, température...), on peut être comblé quelle que soit l’orientation. Intuition ou... chance. 


Si l’on excepte, pour la forme, quelques chutes sans gravité, la descente dans les alpages est d’anthologie, très longue et trop courte à la fois. Le retour par la forêt se révèle un peu plus ardu en raison des nombreuses traces laissées par les skieurs avant nous. Un dernier schuss sur la piste de la station et nous voilà rendus aux voitures.

Il est 16 heures 30. Peu de courses imposent cette durée, mais il faut dire qu’il y avait de la matière !

Michel R.


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