mercredi 1 avril 2020

Mercredi 1er avril 2020. Tête du Rouget et traversée des arêtes . sortie organisée par Philippe


Un peu marre de tourner en rond en plein confinement. On décide de faire une vraie course pour prendre vraiment l'air.
Le parking est désert. Au départ de Puy Saint-Eusèbe, les sacs sont bien lourds. On plie sous leur poids comme des vrais mulets.




Même en montant en mode turbo, il nous faut cinq heures pour arriver au refuge du Carrelet. Il fait déjà nuit. On a oublié les frontales, et on a du mal à se repérer dans ce lieu noir. Ca a bien changé depuis notre dernier passage en 2012, avec Florence. Cette année là, nous avions échoué dans notre tentative de traversée. On se régale de notre bouillabaisse lyophilisée.


L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature


















Le lendemain, on démarre aux premières raies du soleil. Ca ne sert à rien de partir trop tôt.
La montée vers le Rouget est vraiment paumatoire : beaucoup d'arêtes secondaires rendent la recherche du départ de la voie malcommode (pour info, pas de neige à l'attaque).
La traversée est très longue : c'est une succession de passages en rocher délité, de piles d'assiettes et de sections en bon rocher, avec un rappel équipé (derrière la grande écaille). Les passages les plus durs ne dépassent pas le 4 sup et sont bien protégés par quelques vieux goujons. L'itinéraire n'est pas évident à suivre : le Rouget, c'est bien sympa, mais c'est plein d'arêtes.
Au retour, on croise les gendarmes 300m sous le parking. On a évité de justesse le coup de filet.


jeudi 12 mars 2020

Mercredi 11 mars 2020 : cime de la Charvie. Randonnée à ski au départ de Cervières proposée par Michel . 1250m de dénivelée


10 participants : Florence, Hélène, Patricia, Sophie, Alain, Ange, Didier, Dieter, Philippe, Michel
Encadrants : Patricia, Alain, Dieter, Philippe, Michel


La Charvie ! Peu l’avaient « faite », certains, dans le passé, s’étaient arrêtés au col du Lausseron ; d’autres y étaient arrivés par une autre voie ; beaucoup en avaient entendu parler comme d’un sommet mythique, en raison notamment de son couloir d’accès long et pentu en diable, propice aux avalanches, véritable brevet de maturité des skieurs de randonnée. Il faut reconnaître qu’il ne nous a pas déçus...
La route vers les Fonts/Fonds de Cervières (il faudra un jour que quelqu’un demande aux anciens de la vallée comment ils prononcent et comment ils entendent ce toponyme, pour qu’enfin panneaux et cartes se mettent à l’unisson !) restant obstinément fermée (pour nous rajouter 200 m de dénivelée), nous partons par la piste de ski de fonD (!!!), au niveau du village.


La vallée est encore étroite et ombreuse ; ce n’est qu’un peu plus loin que nos yeux découvrent l’espace qui s’ouvre brusquement en pleine lumière.


L’obligation de traverser la Cerveyrette s’impose bientôt à nous, ruisseau corseté, certes, entre des berges de neige d’un bon mètre de hauteur, mais qui n’est pas lui-même glacé. Enfin, un pont de neige est trouvé.



Nous abandonnons ces lieux paisibles pour aborder le fameux couloir qui s’élève en rive gauche. Il est déjà bien trafolé. Dieter est parti devant pour tracer un semblant d’ordre dans cette anarchie, mais la tâche est ardue. Ce n’est qu’au terme d’une trentaine de conversions qui mettent à mal nos réserves d’énergie que nous débouchons enfin sur des pentes à la fois plus larges et plus douces, qui prennent vite la forme, pour un moment de répit, d’un long replat consolateur.



Le col du Lasseron est maintenant atteint. J’avais bien parlé d’un répit, car si on veut gagner la cime, il faut affronter 500 m d’un versant uniforme flirtant souvent avec les 30°.
La neige s’est faite plus dure et plus froide, et la trace reste là aussi à faire. Certains n’hésitent pas à « mettre les couteaux », autant par nécessité technique que par confort psychologique.


C’est fait, cette épreuve est maintenant derrière nous ; nous devrions être en vue du sommet. Le voici, enfin, mais qu’il est loin ! Il domine un très vaste plateau incliné. Sa traversée semble interminable, d’autant que les plus rapides d’entre nous, minuscules figurines se dressant à l’horizon, sont déjà arrivés au bout de leurs peines.



Tout le monde se retrouve pour le pique-nique. Le vent est suffisamment léger pour ménager notre frilosité et nos papilles — tout comme nos pupilles — peuvent savourer leurs récompenses : encore un panorama à couper le souffle ! Toujours plus ou moins le même, mais toujours renouvelé et toujours merveilleux.


La descente, au début, est impressionnante étant donné sa longueur et son inclinaison vertigineuses, mais très vite nous nous rendons compte que la neige n’est pas aussi dure que nous le redoutions et même qu’elle est tout à fait propice aux virages aussi sûrs qu’esthétiques.

La neige s’est réchauffée mais l’air également. N’était la crainte d’une chute aux conséquences douloureuses, nous rejetterions promptement ces « vains ornements et ces voiles [qui] pèsent » pour skier en t-shirts !
Trève de plaisanterie, revoici notre fieffé couloir : il ne s’est pas amadoué durant notre absence. Pas moyen d’y échapper, encore moins à la descente ! Chacun accomplit son pensum avec plus ou moins de succès. Heureusement, le soleil a continué à chauffer, et la neige n’est guère dure. Mais, qu’elle est lourde !


Nos skieurs sont arrivés en bas en assez bon état. C’est le moment d’ôter la butée arrière des fixations pour faciliter la progression sur ce fonD (!!!) de vallée presque plat et d’enlever toutes les couches de vêtements possibles .
Une dernière glissade jusqu’à Cervières, et les voitures sont rejointes.
Patricia et Alain nous convient à une garden-party-bière dont ils ont le secret pour clôturer plaisamment cette grande et belle journée.
Michel

dimanche 8 mars 2020

Dimanche 8 mars 2020 : Le col de l'Aupillon et le presque-Aupillon. 1150m ou 1250m de dénivelé

7 participants : Guillaume, Philippe, Florence, Hélène, Françoise S., Alain, Patricia.



C'était au col de la Lauze que nous avions choisi d'aller ce dimanche...jusqu'au retour de rando de Phil et Flo qui s'étaient régalés samedi dans la poudreuse de la Montagne Pellat où ils avaient dû faire la trace.
La proximité de cette course associée à l'espoir d'y trouver de la poudreuse nous ont fait changer d'objectif...avec l'accord de tous les participants bien sûr.



La piste est bien mieux enneigée que la dernière fois, quand nous avions tenté le col de l’Âne le 5 février.
Le ciel est couvert, il fait frais...Ce qui n'est pas désagréable pour monter.
Notre groupe avance à bonne allure dans le joli vallon de l'Essaleite.



Il y a du jour blanc ce qui, curieusement, n'a pas l'air de gêner les skieurs qui descendent en donnant l'impression que la neige n'est pas trop mal.


Et puis, des morceaux de ciel bleu commencent à apparaître vers les Ecrins, le voile devient de plus en plus fin et finit pas se déchirer complètement, nous gratifiant d'une visibilité redevenue lumineuse.


Philippe, Florence, Françoise et Hélène tentent de monter jusqu'au sommet mais les derniers mètres sont délicats : le vent a bien dégarni les cimes et la neige y est verglacée ou croûtée...entre les cailloux.
Ils stoppent leur effort un peu sous le sommet alors que Guillaume, Alain et Patricia s'arrêtent au col de l'Aupillon où nous nous regroupons tous avant de commencer la descente.

La neige a dû souffrir des effets du vent . Elle n'est pas mauvaise... Mais il y a mieux, comme celle qui nous attend quelques dizaines de mètres plus bas : la poudreuse qui transforme tous les randonneurs en très bons skieurs et dans laquelle on éprouve un réel plaisir à faire des virages, ou même à se laisser aller en trace directe, tout à fait décontracté. Quel bonheur !



Petite pause pique-nique entre les mélèzes avant de reprendre la jolie descente.
Le bas a souffert des nombreux passages et la neige y est trafolée mais sa légèreté permet de skier très facilement.



Il n'est pas 14h quand nous quittons Bois Méan pour un long moment convivial chez Guillaume et Michèle devant bières et infusions accompagnées de douceurs et de chips.





Samedi 7 mars 2020 : La Mortice. Randonnée à ski au départ de Vars-Sainte-Catherine proposée par Michel. Dénivelée : 1600 m (1400+ 200)

5 participants : Patricia, Nathalie, Didier, Nicolas, Michel
Encadrants : Patricia, Michel


Nous partîmes cinq, mais par défaut de médecine
Nous nous vîmes deux en arrivant à la cime


Cette Mortice si convoitée et tant attendue !
Toutes les conditions étaient réunies : ciel sans nuages, quasi-absence de vent, neige fraîche de l’avant-veille et risque d’avalanche descendu à 3. Une occasion à ne pas manquer... malheureusement pas pour tout le monde...


Nous démarrons de Sainte-Catherine à une altitude de 1850 m. Peu de traces. Nicolas se charge d’en faire une belle ; nous serions pleins d’allant, si déjà Nathalie ne se sentait pas dans son assiette : grippe, coronavirus ?... En tout cas elle n’ira pas au sommet. 


Courageusement, elle atteint la crête des Couniers à 2650 m. Là, Patricia, avec sa gentillesse et son sens des responsabilités habituels, décide de redescendre avec elle. Une consolation pour elles : deux cents mètres de vraie poudreuse les attendent, le meilleur tronçon de toute la randonnée. Nos chemins se séparent.


Les trois restants, voyant que le cheminement par la crête (dégarnie par le vent) ou par le sentier d’été (recouvert de grosses accumulations) est impraticable, commencent par redescendre en oblique jusqu’au fond du vallon de Laugier par les seules pentes du secteur dont l’inclinaison soit inférieure — de peu — à 30°.


Nous repeautons et montons tranquillement au col de Sereine (2674 m), bien déneigé lui aussi. Là, les choses se compliquent un peu : un fort raidillon nous mène jusqu’au cirque du petit lac des Neuf Couleurs, invisible sous sa blanche chape. Une autre pente plus conséquente en longueur mais moins inclinée lui succède et nous fait déboucher sur un très large replat d’où nous commençons à apercevoir la crête sommitale.


Il est déjà plus de 13 heures ; la fatigue et la faim commencent à se faire sentir. Nous reprenons quelques forces avant de nous lancer dans l’assaut final.


Didier et Michel se relaient pour tracer, car Nicolas a suffisamment payé de sa personne. Les pentes sont douces désormais ; nous passons précautionneusement à côté du gouffre de la Mortice (où se situe le plus haut karst d’Europe), gouffre que nous voyons ceinturé de corniches peu engageantes, et continuons jusqu’au col qui sépare une antécime du sommet nord.


Quel panorama ! Mais les 360° souffrent d’une lacune, justement marquée par le point 3186 m. Nicolas nous attendra au col.


La cime, bordée de précipices, a été la proie du vent : les cailloux affleurent sous la glace et les couteaux s’avèrent nécessaires pour sécuriser ce dernier effort. Le cairn est atteint à 
15 h 20.

Nous avons bien fait de venir (tu parles, Charles !) : visibilité exceptionnelle aujourd’hui ! Du Ventoux au Ténibre, du mont Blanc au Mont-Rose, en passant par tous les sommets des Écrins, du Queyras et de l’Ubaye, nous pourrions prolonger notre contemplation indéfiniment si... la montre ne nous rappelait cruellement à la réalité.


Nous gardons peaux et couteaux pour redescendre retrouver Nicolas.
Les premiers virages s’enchaînent... pas si fluidement que nous l’espérions (la neige est un peu croûtée), et... pas pour tous (Didier doit faire face à un problème récurrent de glace dans les ressorts de ses fixations, problème qu’il résout finalement à l’aide de son couteau).
Le retour jusqu’au col de Serenne peut se passer de commentaires : les photos pallieront leur absence ; le bonheur est souvent muet...


Une dernière difficulté se présente : il faut regagner la crête des Couniets. Nous remontons notre trace de descente et retrouvons bientôt le soleil que nous ne quitterons plus jusqu’à Sainte-Catherine, non sans avoir skié toutes sortes de neiges : poudreuse de cinéma, croûte infernale, transformée confortable de printemps.
Quand nous arrivons à la voiture, il est 17 heures 20 (!), nous avons parcouru 19,65 km et décompté 1596 m de dénivelée.

Michel

vendredi 6 mars 2020

Vendredi 6 mars 2020 : poin côté 2434 en direction de la crête de la Ratelle. 780m de dénivelé

4 participants : Nathalie, Didier, Alain, Patricia


Il a plu toute la journée d'hier et même la nuit... Mais il a neigé en altitude et plus bas que ne l'annonçait la météo. Erreur que nous apprécions avec opportunisme.
Par contre la deuxième erreur concernant le ciel est moins savourée.
Erreur de quelques heures certes mais qui nous a valu une fin de montée dans le brouillard, le jour blanc et le froid.
Par chance, une trace était faite...pour la Ratelle. Exit notre objectif initial que nous changeons sans état d'âme, d'autant plus que nous ne sommes pas allés une seule fois sur cette crête depuis le début de la saison.
La montée dans cette trace est bien confortable : le paysage est splendide. Les arbres sont joliment recouverts de neige, tout est blanc et mystérieux. De plus, la température fraîche rend la montée peu fatigante. Nous sommes bien.
A sortir de la forêt le brouillard vient de temps en temps nous perturber, si bien qu'au cours d'un regroupement nous nous posons la question : on continue ou on arrête ? Et à ce moment le voile nuageux se déchire et laisse apparaître le soleil qui rend enfin le relief visible. On continue donc...pour aller de Charybde en Scylla.
On ne voit plus rien et c'est à peine si on arrive à deviner où guider les spatules afin de rester dans la trace. Trace que l'on devine "au toucher" plus qu'on ne la voit. Et quand une trace de descente la perturbe alors là, c'est avec les yeux écarquillés qu'on avance. D'ailleurs, nos gentils traceurs ont dû avoir aussi peu de visibilité, ce qui expliquerait la trajectoire bizarre.
Nous ne sommes pas seuls dans cette infâme brouillasse : il y a des courageux...que nous trouvons au sommet d'un monticule (point côté 2434), et qui décident de s'arrêter. L'endroit est trouvé propice à un dépeautage par tous. Belle unanimité !
Commence alors une descente comme on ne les aime pas du tout, dans le brouillard et le jour-blanc. Alain passe devant. Ouf, merci ! Il est bien moins difficile de suivre quelqu'un....
Après quelques virages très peu gracieux malgré la qualité de neige pas-mal-du-tout, la visibilité revient, le beau Vallon Pellat se découvre entièrement, magnifique avec les parures de neige sur les arbres. Il n'y a plus qu'à profiter d'une descente bien agréable finalement.
A la cabane des Espagnols, nous suivons la piste de fond dont nous coupons les virages et glissons avec bonheur jusqu'en bas.
Pas des patineurs ou pas alternatif, le foyer de ski de fond est vite atteint. Et nous n'avons pas encore déjeuné. La salle hors-sac rendue bruyante par une affluence d'enfants, nous répondons avec plaisir à l'invitation de Nathalie qui nous propose de pique-niquer chez eux au Riou Clar avec Michel.
Nous quittons la Chalp sous un beau ciel bleu, lumineux, celui dont nous avons rêvé pendant la rando...
Curieusement, personne ne râle, bien au contraire. Est-ce l'effet des bonnes bières et de l'endroit très chaleureux où nous avons discuté un bon moment avant de nous séparer ?...

jeudi 5 mars 2020

Mercredi 4 mars 2020 : le Fort de Lenlon. randonnée à ski proposée par Alain et Patricia. 1140m de dénivelé

13 participants : Michel R., Anita, Alain2, Jean-Michel, Françoise D., Claire, Ange, Hélène, Raphaël, Sophie, Dieter, Alain1, Patricia.


Fort risque d'avalanche après les importantes chutes de neige de lundi...Belle occasion pour refaire cette jolie rando que nous apprécions tant : le risque y est vraiment très minime.
Le ciel est d'un bleu parfait, le temps bien froid (-11°C au départ de la rando), ce qui laisse espérer une belle poudreuse.
Mais tout ne marche pas forcément comme attendu. En commençant par la méprise de Myriam qui s'est trompée de chaussures : impossible pour elle de chausser. Eve doit donc retourner avec elle sur Embrun. Nous serons privés de leur agréable compagnie.
Puis nous constatons en montant que la neige en très grande quantité ne sera hélas pas de très grande qualité.
Nos cinq traceurs (Alain1, Dieter, Alain2, Ange, Jean-Michel), véritables "travailleurs-forçats de la neige" ont dû fournir une énorme énergie dans cette grande épaisseur de neige lourde que le vent avait travaillée. Eux, qui d'habitude montent à un rythme bien rapide, nous ont "imposé" une allure propice à la méditation...dont personne ne s'est plaint tant le paysage est beau du début à la fin. Un grand merci à eux !
Granon, le hameau d'alpage admirablement restauré, est vraiment beau sous la neige ! Nous y sommes seuls. Un début de trace montant vers le col nous incite à le suivre. Il faut alors descendre ensuite un peu afin de retrouver l'itinéraire montant vers le Fort de Lenlon.
Sur le haut plateau la trace devient moins difficile à faire avec une moins grande épaisseur de neige. Chacun peut alors reprendre son allure habituelle pour arriver au fort, sorte de "Boyard" haut-alpin en forme de tour hémicylindrique édifié entre 1890 et 1893.
Un petit vent souffle sur cette crête mais en s'installant contre le bâtiment nous sommes bien à l'abri et pouvons y pique-niquer très confortablement. Le ciel se voile, comme l'avait annoncé la météo mais il reste suffisamment lumineux pour ne pas craindre de jour-blanc.
Heureusement car la descente s'annonce difficile : Nous sommes privés des belles sinusoïdes habituelles et Claire se trouve bien trop gratifiée de nombreuses chutes dans cette neige profonde dont il est bien difficile de s'extraire.
L'idéal est de descendre dans la trace quand la pente le permet...
Mais la bonne humeur est toujours là et la longue descente sur la piste à partir de Granon est très facile et pas désagréable du tout, d'autant plus que certains virages peuvent être coupés en autorisant de belles arabesques en bonne poudreuse.

De retour à la Draye, nous sommes tous invités à Châteauroux pour arroser notre rando, mais les soucis et occupations des uns et des autres ne le permettent pas. Ce sera pour un autre fois...