dimanche 9 août 2026

Samedi 8 août 2026 - Le Canal de Mal Cros (2 818 m) depuis la Station de Chaillol 1600. Randonnée proposée par Jean-François. 1 200 m de dénivelé cumulé. Longueur : 20 km sans les raccourcis

 Participants : Jean-François, Christian, Marie, Francis, Jean-Jacques.


Départ de Chorges à 7h35 .
Nous nous garons au-dessus du parking intermédiaire au bord de la piste qui devient peu carrossable.
Le ciel est azur au départ à 8h30. Nous prenons la piste et ensuite le sentier de droite qui monte au col de la Pisse. L'itinéraire en forêt est très agréable avec une fraîcheur bienfaitrice. Il remonte la pente en larges lacets, et traverse le torrent de Font Froide qui est à sec. Les ressauts du lit sont magnifiques. Après avoir traversé les alpages nous arrivons au col de la Pisse (2358 m).




Nous basculons sur le versant du Vacciver.  Le sentier grimpe en direction des cols de Côte Longue et de Riou Beyrou. Nous foulons une portion du canal couvert d'imposantes dalles de grès qui font plus de 100 kg chacune. Après un thalweg caillouteux et rocheux, nous atteignons les cols précités. Au col de de Riou Beyrou (2 695 m), nous visitons la cabane des Parisiens qui a été entièrement restaurée. C'est un magnifique abri pour y passer une nuit.



Nous poursuivons désormais sur les vestiges du canal à flanc et au-dessus du torrent de Mal Cros. En dessus et en dessous, les pentes sont fortement escarpées. A l'endroit le plus exposé aux chutes de pierres, le tracé du canal est couvert d'une extraordinaire voûte en pierres sèches. Le passage souterrain mesure 114 m de long pour 1,70 m de hauteur en moyenne. Nous le traversons avec nos frontales pour déboucher sur une partie parfaitement restaurée, avec un fond empierré et des murs de pierre soigneusement restaurés.


 Le cheminement se poursuit dans un paysage de plus en plus minéral jusqu'à atteindre le torrent. C'est à ce verrou que les bâtisseurs avaient construit un puisage qui a maintenant disparu. Il a laissé place à un ouvrage maçonné et à une étrange construction pyramidale qui alerte en cas d'éventuelles vagues de submersion. 



Une sente le long du torrent, nous permet de rejoindre, après une traversée de névé, le site du lac de Mal Cros. Quelle agréable surprise inespérée, nous découvrons un beau lac bien rempli et recouvert partiellement de glace, malgré les fortes chaleurs de cette année.



Très austère, le fond du cirque est fermé par les murailles du versant est du Vieux Chaillol et par les crêtes du pic de Mal Cros (3 117 m) et des Têtes de Mal Cros (3086 m). Ces dernières peuvent être atteintes par des pierriers instables et des éboulis. Ce cirque abritait jadis un glacier et c'était l'eau de fonte que captait le canal...
Le changement climatique a eu raison du glacier, mais bien avant cela, l'énormité des coûts d'entretien de cet ouvrage titanesque n'a pas permis de maintenir le canal en service. En 1923, la décision de l'abandonner définitivement fut prise. L'exploitation a duré une cinquantaine d'années.




Il est midi et la pause casse-croûte s'impose. Nous passons une heure dans cet îlot de fraîcheur que nous apprécions particulièrement au vu des fortes chaleurs vécues dans les vallées. Nous admirons les dessins de la glace, les fleurs variées qui agrémentent ce lieu très minéral et une famille de bouquetins qui nous toise du haut d'un rocher qui nous surplombe.
Marie fait une tentative de trempette et nous revient frigorifiée. Elle n'a plus l'habitude de températures aussi fraîches : 3 à 4°C.
Après cette pause régénératrice, nous revenons sur nos pas jusqu'au col de Riou Beyrou et poursuivons par la sente directe évidente jusqu'au col de la Pisse. Leçon de vocabulaire : évidente ne veut pas dire bien tracée... En fait, nous suivons la trace de l'ancien canal qui est assez bien visible du haut. Dans le sens de montée, elle doit moins se voir et c'est pourquoi il est conseillé de suivre le sentier bien battu.



200 m en dessous du dernier col, après avoir shunté tous les virages, nous atterrissons sur le sentier en balcon qui va vers le Queyrel. Après quelques passages étroits puis par un large arc de cercle, il nous ramène sur la piste de départ. Le long de la piste, pour les moins rapides, nous nous arrêtons à l'ancienne martelière des Oures. Elle permettait de réguler le débit du canal et d'amener l'eau dans des buses en ciment datant de 1907 afin d'éviter toute perdition. L'apport d'eau aurait été estimé à 250 L/s.
Peu de temps après, la voiture qui est restée parfaitement à l'ombre est atteinte, nous nous mettons à l'aise et buvons une bonne bière bien fraîche.
Cette balade, malgré sa longueur, vaut vraiment le déplacement par la variété de ses paysages et son lac magique. Tout le monde a beaucoup apprécié cette agréable journée en montagne.

Jean-François
 

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